La crise de l’université :
entre sous-financement et financiarisation

Remi de Villeneuve, docteur en sociologie, UQAM
Eric Martin, doctorant en pensée politique, Université d’Ottawa
Daniel Dagenais, professeur associé, département d'anthropologie et de sociologie, Université Concordia
Michel Freitag, professeur associé, département de sociologie de l’UQAM
Gilles Gagné, professeur titulaire, département de sociologie, Université Laval
Jacques Mascotto, professeur associé, département de sociologie de l’UQAM
Jean Pichette, professeur, École des médias de l'UQAM

Le caractère particulier de la crise qui secoue l’UQAM, avec son lot de malversations gestionnaires, ne doit pas nous faire oublier que c’est l’ensemble des universités du Québec qui sont aujourd’hui en proie à une mutation fondamentale, la plupart du temps rapportée à « l’économie du savoir ». L’essentiel de cette mutation réside dans le développement hégémonique des nouveaux secteurs de formation à caractère techniciste et managériale qui monopolisent les ressources traditionnellement allouées à l’université, en même temps qu’ils cautionnent sa dépendance croissante à l’égard d’investissements financiers la soumettant désormais à la logique capitaliste de la rentabilité. Il s’agit en bref d’une mutation qui, derrière la problématique du sous financement de l’université, signifie avant tout la financiarisation de l’université.

En sachant très bien que le calme apparent qui règne dans les autres universités québécoises n’est que le signe de leur plus grande docilité face à cette financiarisation accélérée, il reste ainsi à constater malgré tout que l’UQAM, tête de pont du réseau des universités d’État, court présentement le risque de disparaître à moins d’une injection rapide d’argent public. La voici sommée de se « redresser » sous la houlette d’une firme comptable privée, alors que des « injonctions légales » et des « interventions policières » visent à neutraliser les « perturbations » en son sein. Mais cette situation ne concerne pas uniquement l’UQAM, et elle n’est pas non plus propre au Québec. Partout les universités, engagées dans la nouvelle compétition instaurée par « l’économie du savoir », « crient famine » et appellent à un réinvestissement public massif, souvent doublé de hausses des frais de scolarité – au moment même où tend à devenir totalement obsolète le principe de l’universalité et de la gratuité de l’éducation, du moins là où il subsistait encore.

Fidèle au modèle entrepreneurial, la course à la rentabilité conduit donc les universités à entrer en compétition afin de développer les secteurs à haute valeur ajoutée tels que la biopharmaceutique, la gestion, la communication, etc. Et cela, en se délestant alors en retour des disciplines qui, depuis les humanités jusqu’aux arts libéraux en passant par la théologie et la philosophie, étaient pourtant au coeur même du projet fondateur de l’université entendue comme voie d’accès à l’universel – et donc comme participation au développement de l’idéal de justice – grâce à la mise en commun et la diffusion des connaissances les plus directement reliées à la spécificité de l’existence humaine.

Le constat suivant a beau être paradoxal, il n’en reste pas moins vrai, en tout cas en Amérique du Nord : ce sont aujourd’hui les universités ayant, depuis leur fondation, le plus largement tablé sur cette marchandisation du savoir et le financement privé qu’elle suppose, qui, tout en performant ainsi dans cette arène commerciale de la compétitivité qu’elles ont inaugurée, sont désormais les plus aptes à soutenir, de par leur richesse et de manière nécessairement élitiste, une certaine éthique humaniste de la connaissance envisagée pour elle-même. Les autres, ne cessant d’accuser leur retard – encore et toujours en français pour la plupart, allez savoir pourquoi –, sont de plus en plus forcées d’opérer en catastrophe un virage drastique si elles espèrent rester dans la course au financement et au profit, même si elles n’ont aucune chance de gagner, incapables de rivaliser avec les McGill et les Harvard de ce monde. Une course qui signifie donc surtout pour elles l’acceptation d’une relégation au statut d’universités de second ordre, axées uniquement sur la formation professionnelle au meilleur coût pour le plus grand nombre, ainsi que sur les recherches les plus immédiatement rentabilisables.

L’« université du nouveau monde », pour reprendre un terme déjà usité, se trouve ainsi déchirée de l’intérieur entre les deux rôles de la victime et du bourreau qu’elle est amenée à jouer en même temps : d’un côté en continuant à enseigner cette culture à la recherche de sa propre universalité et, de l’autre, en innovant sans cesse sur la scène capitaliste de la performance financière. En effet, alors que le sous financement actuel de l’université représente le signe de la mort certaine des disciplines classiques qui ne répondent pas à la logique de la rentabilité, il constitue au contraire pour les nouveaux secteurs de pointe, dont l’objectif est justement de se rentabiliser par eux-mêmes en contribuant à l’innovation technoscientifique du capitalisme, l’heureux présage de leur libération définitive à l’égard du modèle humaniste de la connaissance désintéressée et de l’archaïsme institutionnel du domaine public. Pour les « réformateurs » néo-libéraux et les nouveaux adeptes de l’économie du savoir, c’est-à-dire de l’intégration du savoir dans l’économie, c’est faire d’une pierre deux coups puisque le cadavre de l’université publique et humaniste pourra justement, selon une juste destinée, être enseveli au côté de celui de l’État, laissant la logique du capitalisme globalisé régner seul sur les sociétés et tous les aspects de la vie humaine.

Ainsi, après l’instrumentalisation capitaliste de l’État opérée par l’« économie politique », c’est à présent au tour de l’Université de se voir instrumentalisée de la sorte par l’« économie du savoir ». Et c’est dans cette optique, selon laquelle le sous financement du secteur public apparaît dorénavant comme l’argument le plus conséquent afin de légitimer l’impérialisme croissant des compagnies financières, qu’il serait temps de reconnaître que le financement accru des universités équivaut, paradoxalement, à une fuite en avant en direction de l’oubli de ce qu’elles sont et, par ce biais, de leur disparition. Et c’est donc encore dans cette optique que la crise particulière qui sévit actuellement à l’UQAM ne doit, de son côté, être appréhendée que comme une preuve parmi tant d’autres de la victoire progressive de l’État Marché global sur les États Nations particuliers, une victoire face à laquelle la possibilité même d’offrir une histoire au Québec se trouve emportée par le « libre échange » dans « l'eau glaciale du calcul égoïste ».

En effet, l’intégration critique et la diffusion de la connaissance, comprise comme une valeur fondamentale, forment aussi une condition de l’accession des personnes au plus haut niveau de leur intégrité humaine, et donc de la participation effective des citoyens au développement d’une communauté politique responsable de sa destinée. La souveraineté du Québec, qui nous apparaît comme l’enjeu historique fondamental auquel nous n’aurions pas dû cesser d’être confrontés, a ainsi tout à perdre dans cette offensive qui est actuellement menée contre l’autonomie de l’éducation supérieure à l’égard de la logique de l’accroissement illimité du profit. Cette souveraineté qui, aujourd’hui pourtant, loin d’être synonyme d’un repli sur soi, devrait être considérée comme la condition d’une généreuse participation non seulement au mouvement mondial de résistance au capitalisme, mais également à la mobilisation qui devra bientôt conduire à la liquidation d’un système dont chacun sait maintenant qu’il est en train de détruire le monde, ce monde que nous voulons continuer à habiter ensemble et dons nous avons désormais à prendre soin.

(Publié sur ce site le 4 avril 2008)

État des mandats de grève à l'UQAM

Association facultaire étudiante des sciences humaines de l’UQAM (AFESH-UQAM)
Depuis le 11 février
Retour en classe: 2 avril 9h30
Nombre de membres : 5 400

Site web de l'AFESH-UQAM

   

Association étudiante du module de science politique de l’UQAM (AEMSP-UQAM)
Depuis le 21 février
Retour en classe: 3 avril 9h30
Nombre de membres : 721

Site web de l'AEMSP-UQAM

   

Association facultaire étudiante des arts de l'UQAM (AFEA-UQAM)
Depuis le 11 mars
Retour en classe: 2 avril 9h30
Nombre de membres: 4 045

Site web de l'AFEA-UQAM

   

Association facultaire étudiante de lettres, langues et communication (AFELLC-UQAM)
Depuis le 12 mars
Retour en classe: 28 mars 9h30
Nombre de membres: 3 720

Site web de l'AFELLC-UQAM

   
 

Total en grève à l'UQAM:
0 membre

   
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Vienne la noirceur

Eric Martin, doctorant en pensée politique, Université d’Ottawa

L’éditorial de Marie-Andrée Chouinard qualifie la grève étudiante de l’UQAM de « faux-pas » parce qu’elle viserait la mauvaise cible et se déroulerait dans l’indifférence généralisée. Sur le premier point, on ne saurait être d’accord : parce qu’elle cherche à redorer sa crédibilité, l’administration de l’UQAM s’est faite complice d’une logique de dénaturation de l’institution. Sur le deuxième, on ne saurait contester que les élites économiques préfèreraient que la mise au pas gestionnaire de l’UQAM se déroule sans que cela ne se remarque. Hélas, le Devoir, en appelant à la cessation de toute contestation étudiante, ajoute sa voix toute « indépendante » à ce concert d’appels à rentrer dans le rang.

Depuis des années, l’UQAM peine à jouer sur deux tableaux : le statut d’université publique et celui d’université technoscientifique de pointe. Elle doit, avec un financement incomparable aux McGill et Harvard avec qui on la somme de « compétitionner », assurer à la fois sa mission de base et le développement de nouvelles infrastructures et technologies susceptibles d’augementer sa cote sur le « marché international » de « l’économie du savoir ».

Résultat, une part sans cesse croissante des ressources de l’université sont accaparées par les secteurs techniques, quitte à faire des PPP pour tenter de rentabiliser l’affaire, puisque l’UQAM, avec le peu qu’elle reçoit de l’État, n’est pas en mesure de soutenir seule cette « course à l’armement » des universités. L’UQAM n’aurait jamais dû participer à une telle folie, elle ne pouvait qu’échouer et s’y dénaturer au passage. L’élastique casse, et c’est tout le pendant fondateur de l’université qu’on s’apprête à passer à la trappe sous couvert de discipline gestionnaire.

De sorte que le fiasco financier et immobilier de l’UQAM est utilisé pour soumettre l’UQAM à une discipline gestionnaire et aux recettes des « experts-conseils » des firmes comptables. Ceux-ci n’ont qu’une chose en tête : la « réingénierie » de l’université qui fera entrer l’UQAM « dans le Xxième siècle » pour jouer du coude avec les universités managériales anglo-américaines...en autant qu’elle laisse sa substance au portillon.

L’administration de l’UQAM aurait dû refuser de se soumettre à ce régime de transformation « nouveau look » minceur et, solidaire de ses étudiants et professeurs, exiger de l’État qu’il prenne ses responsabilités pour remettre l’éducation nationale sur ses rails. En réinvestissant, peut-être, mais surtout en réorientant la mission des universités pour éviter qu’elles ne deviennent toutes des émules du HEC et de la Polytechnique, en larguant la philosophie, les arts, l’histoire comme le font de plus en plus leurs homologues britanniques.

En quête de crédibilité gestionnaire et médiatique, le recteur Claude Corbo a préféré user de la manière forte pour faire taire le peu de gens qui ont osé élever la voix dans la noirceur montante pour refuser qu’on soumette ce qu’il reste de l’université publique à la moulinette de la pensée de chambre de commerce. S’il faut mettre les étudiants sous injonction judiciaire pour permettre à l’UQAM de se « redresser » et de se « relooker » à la sauce technico-économique, et bien soit!

Avec lui, des pans entiers des mouvements sociaux, de la population, des intellectuels, des travailleuses, des artistes qui laissent faire ce grand bond en arrière sans piper mot, comme si nous étions retournés dans notre sommeil d’avant soixante. Et des éditorialistes qui s’étonnent d’un côté que la grève se déroule dans la plus totale indifférence et qui, de l’autre, du moins quand ils daignent en parler, appellent au plus vite à ce que « les choses rentrent dans l’ordre »...et l’UQAM avec.

Les étudiants et étudiantes de l’UQAM ont tout à fait raison de bloquer provisoirement les affaires courantes de l’université pour dénoncer l’État québécois et l’administration de l’UQAM qui travaillent de pair à intégrer l’université publique à une logique qui ne peut que lui nuire. L’isolement et le mépris dont ils sont victimes, lui, laisse voir l’état pathétique de notre classe intellectuelle, qui semble avoir irrémédiablement intégré l’idée que les lois de l’économie capitaliste savent mieux mener le Québec que nous ne le pourrions nous-mêmes. Quand les journaux jouent les éteignoirs, qui se surprendra qu’il fasse de plus en plus noir?

(Publié sur ce site le 26 mars 2008)

Disparaître avec l’UQAM ?
La crise de l’UQAM reflète la crise du projet collectif québécois

Eric Martin, doctorant en pensée politique à l’Université d’Ottawa
Remi De Villeneuve, docteur en sociologie, UQAM
Jonas Slowanski

Les rapports comptables sont fermes : à moins d’un réinvestissement étatique, la survie même de l’UQAM se trouve menacée. La disparition de ce qui devait être à l’origine « l’université du peuple » serait une véritable tragédie. Il faut voir dans sa précarisation encore un signe de cet abandon généralisé qui se dessine aujourd’hui dans plusieurs secteurs : celui du projet qui avait animé la « Révolution tranquille », c’est-à-dire la prise en charge des Québécois et Québécoises par eux-mêmes au sein d’une communauté politique et culturelle autonome.

La création d’une université publique comme l’UQAM participait d’un projet plus large, soit celui de l’émergence d’une communauté politique moderne dotée de ses propres institutions et capable de présider de manière autonome à sa destinée, en dehors des ornières dogmatiques du clérico-nationalisme. Bien sûr, à ce moment, le projet était aussi animé par des intérêts économiques, mais force est de constater que cet aspect intéressé cohabitait avec une dimension émancipatoire irréductible liée au projet d’autonomie politique et culturelle d’un peuple.

Le réseau postsecondaire québécois se voulait à l’origine public et gratuit à tous les degrés, comme le stipulait le programme du gouvernement Lesage. Il devait permettre à tous et toutes, sans égard à leur classe sociale d’origine, d’accéder à l’éducation et de participer à la vie démocratique d’un pays en devenir. Or, le maintien d’un tel réseau impliquait que l’État assure le financement complet des institutions, ce qui supposait l’existence d’une fiscalité redistributive et progressive.

A contrario, l’histoire récente du système d’éducation au Québec s’inscrit dans un abandon progressif de l’idéal politique et culturel qui le soutenait, désormais supplanté par la seule idée du « développement économique », qui est, lui, indifférent à l’histoire et à la culture des peuples, considérés de manière abstraite comme des « ressources humaines » interchangeables.

En effet, pour notre classe entrepreneuriale, la référence à l’idée « Québec » ou à celle du « nous » est devenue tout au plus cosmétique, tant celui-ci n’est plus considéré que comme l’un des innombrables maillons sériels de cette chaîne de production de valeur ajoutée qui tisse son réseau entre les mégalopoles du monde.

Pour elle, l’éducation n’est plus vue comme un lieu de transmission de la culture et de la pensée, qu’elles mais essentiellement comme un lieu de formation de main-d'oeuvre de « haut niveau » technique permettant d’améliorer la performance globale des producteurs regroupés dans l’unité de production « Québec », un signifiant vide qui pourrait tout aussi bien être un numéro.

Voici aujourd’hui que le Québec est sommé de se laisser engloutir par l’intégration continentale et de s’adapter entièrement au capitalisme étasunien, de sorte que l’existence isolée d’un modèle d’inspiration républicaine et universaliste apparaît de plus en plus incongrue au milieu d’une Amérique hostile à l’intervention de l’État dans l’économie. Toute la classe politique appelle à abolir progressivement les mécanismes modernes de redistribution de la richesse, histoire de devenir « concurrentiels » dans l’arène économique globalisée. De sorte que les universités, systématiquement sous-financées, entrent actuellement toutes en déficit ou en crise.

Le Québec s’apprête à se départir des institutions qui lui avait permis d’exister et à retourner, si rien n’est fait, dans la grande noirceur dont il aspirait pourtant à sortir en 1960, à l’époque où il avait la plus faible fréquentation scolaire du Canada. Les Québécois avaient alors choisi de se prendre en charge et ont, pour y arriver, mis le cap sur la gratuité scolaire et l’accès universel à l’éducation.

L’UQAM était alors la tête de pont d’un réseau postsecondaire qui devait incarner ce projet et socialiser l’éducation. Des décennies plus tard, à quoi assiste-t-on sinon au sacrifice de ce que nous voulions être sur l'autel de la comptabilité vulgaire et de la concurrence funeste des sociétés entre elles, au seul bénéfice de l’accumulation du capital?

Au moment précis où la société doit reprendre de manière urgente le contrôle d’une économie destructrice de la nature, l’éducation se trouve de plus en plus inaccessible et réduite à un lieu de formation individualisée. Comment penser qu’une communauté politique puisse présider à son propre destin si elle se réduit à une somme des techniciens soumis aux demandes du marché ? Comment pourrait-elle protéger son environnement si c’est ultimement les organisations économiques et les marchés qui dictent la marche à suivre ? Il apparaît de plus en plus qu’il nous faille choisir entre le maintien du système économique actuel et notre propre existence.

L’État québécois doit rapidement réinvestir dans le réseau des universités publiques et celles-ci doivent revenir à leur mission fondatrice, qui n’est pas l’innovation technique ou la « création de richesse », mais la transmission de la connaissance et la formation de citoyens et citoyennes éclairées engagées dans la construction de leur devenir collectif. Cela impliquerait que l’on arrête de réduire la taille de l’État et de défiscaliser au seul profit des investisseurs étrangers, ce qui nous prive des moyens d’entretenir les programmes publics. Quelle autre alternative avons-nous? L’UQAM en compétition dans le même marché avec Harvard? Ce n’est pas sérieux. Elle serait vouée à disparaître, et nous avec.

Vaste mouvement de solidarité envers les étudiant-e-s de l'UQAM sous injonction

MONTREAL, le 19 mars /CNW Telbec/ - Les associations étudiantes de l'UQAM reçoivent aujourd'hui l'appui de plusieurs syndicats, regroupements étudiants et représentants de la société civile pour dénoncer les mesures excessives et répressives mises en oeuvre par la direction de leur institution. La Cour supérieure du Québec a émis une ordonnance d'injonction provisoire en vigueur jusqu'au 27 mars 17h à la demande de l'administration de l'UQAM, qui cherche par ce moyen à réprimer le mouvement étudiant.

Cette injonction interdit notamment aux étudiant-e-s membres des associations concernées de gêner l'accès aux pavillons et résidences de l'Université. Elle ordonne également de cesser toute forme d'obstruction à l'intérieur ou dans le voisinage immédiat de ses propriétés et prohibe la tenue de toute réunion visant à perturber les activités institutionnelles. Des sanctions drastiques pourront être imposées aux associations étudiantes en grève, à leurs exécutant-e-s ainsi qu'à leurs membres, telles qu'une amende de 50 000 $ avec ou sans emprisonnement jusqu'à un an pour qui contreviendrait à cette ordonnance.

"Cette attaque directe contre le droit à la grève dévoile l'arrogance d'une administration qui refuse le dialogue et préconise la ligne dure. L'application de ces dispositions coercitives porte atteinte à la vie démocratique, à l'autonomie ainsi qu'aux valeurs mêmes qui définissent notre institution", s'insurge Marie-Nathalie Martineau, porte-parole des associations étudiantes.

"L'injonction émise hier par la Cour supérieure continue de porter atteinte à la liberté d'expression et d'association. Elle impose des restrictions définies en des termes suffisamment flous pour laisser place à l'arbitraire. Par sa nature même, la liberté d'expression peut déranger et choquer. On ne peut la restreindre simplement parce que l'opinion ou la conduite ne rencontre pas l'approbation de certaines personnes", affirme M. Dominique Peschard de la Ligue des droits et libertés.

Rappelons que les syndicats de l'UQAM, soit le Syndicat des professeurs de l'UQAM (SPUQ), le Syndicat des chargées et chargés de cours de l'UQAM (SCCUQ), le Syndicat des employées et employés de l'UQAM (SEUQAM) et le Syndicat des étudiant-e-s employé-e-s (SETUE) dénoncent l'injonction. Les associations étudiantes reçoivent également un appui de la Centrale des Syndicats Nationaux (CSN), la Centrale des Syndicats du Québec (CSQ), la Fédération Autonome du Collégial (FAC), la Fédération Autonome de l'Enseignement (FAE), Québec solidaire, l'Association pour une Solidarité Syndicale Etudiante (ASSE), la Fédération Etudiante Universitaire du Québec (FEUQ), la Fédération Etudiante Collégiale du Québec (FECQ).

Il est à noter que les mandats de grève obtenus par les associations étudiantes en assemblée générale sont toujours effectifs et que la lutte pour la qualité et l'accessibilité de l'éducation se poursuit.

Organisations signataires :
Association facultaire étudiante des arts (AFEA-UQAM)
Association facultaire étudiante des lettres, langues et communications (AFELLC-UQAM)
Association facultaire étudiante des sciences humaine (AFESH-UQAM)
Association facultaire étudiante de science politique et droit (AFESPED- UQAM)
Association étudiante du secteur des sciences (AESS-UQAM)
Association des étudiantes et des étudiants de la faculté des sciences de l'éducation (ADEESE-UQAM)
Association des étudiants de l'Ecole des sciences de la gestion (AéESG)
Association Générale Etudiante du Cégep du Vieux-Montréal (AGECVM)
Association Générale Etudiante du Cégep de la Pocatière (AGEECLP)
Association Générale Etudiante du Cégep François-Xavier-Garneau (AGEFXG)
Association pour une Solidarité Syndicale Etudiante (ASSE)
Confédération des Associations des étudiants et Etudiantes de l'Université Laval (CADEUL)
Fédération Autonome du Collégial (FAC)
Fédération autonome de l'enseignement (FAE)
Fédération Etudiante Collégiale du Québec (FECQ)
Fédération Etudiante Universitaire du Québec (FEUQ)
Société Générale des Etudiants et Etudiantes du Collège de Maisonneuve (SOGEECOM)
Students' Society of McGill University (SSMU)

Renseignements: Valérie-Reine Marcil, attaché de presse des associations étudiantes en grève, (514) 265-8403

Nous prenons position
contre la répression à l'UQAM

L'énergie que la direction du recteur Corbo met à l'oeuvre dans la répression du mouvement de mobilisation des étudiantes et étudiants de l'UQAM est navrante.

Réunissant un  comité d'intervention, elle a suspendu pour 20 jours une militante et deux militants des associations étudiantes.  La commission des études a été saisie quant à elle d'une proposition niant le droit de grève aux étudiantes et étudiants. Et pour conclure, l'UQAM a obtenu une injonction pour nier le droit démocratique de manifester autour et dans l'université. C'est l'esprit même de l'UQAM que le recteur Corbo vise par ces mesures tout à fait ahurissantes.

Nous sommes des anciennes et anciens de l'AGEUQAM et de l'UQAM  où nous avons étudié, enseigné, milité et surtout participé de cet esprit qui ne se retrouve dans nulle autre université au Québec. Aujourd'hui, nous continuons de porter cet esprit qui dans des salles de classe (que ce soit au primaire, au secondaire, au collégial ou à l'universitaire), qui dans des mouvements communautaires, bref dans tous les milieux de travail et tous les horizons culturels et géographiques, jusque même sur les fermes de l'arrière pays.

Partout nous nous sentons à l'aise de faire la promotion de l'UQAM pour ce qu'elle représente comme force de changement dans la société et pour son oeuvre en faveur de l'accessibilité à l'éducation des hommes et des femmes que nous côtoyons.

L'UQAM paiera lourdement la répression actuelle du mouvement étudiant si dans sa course à la respectabilité, si dans le coeur même de son plan de redressement elle tourne le dos à celles et ceux qui les premiers croient en elle et l'expriment de diverses manières.

Nous sommes des milliers à avoir fréquenté l'UQAM précisément pour ce qu'elle est et nous nous en tiendrons à distance si les dérives autoritaires de la direction actuelle devaient se poursuivre.

Par leur grève, les étudiantes et étudiants placent au coeur des enjeux la question du sous-financement de l'éducation. Ils ont notre appui dans leur lutte visant à s'assurer que le redressement de l'UQAM ne se fasse ni sur le dos des salariéEs ou des étudiantEs, ni aux dépens de la qualité de l'enseignement ou de l'accessibilité à l'éducation supérieure. Leur lutte peut rallier l'ensemble de la communauté universitaire et servir de base à l'établissement d'un rapport de force face aux autorités politiques.

Nous incitons fortement la direction de l'université, au premier chef le recteur Corbo, à renouer avec les valeurs démocratiques qui sont les nôtres en mettant fin immédiatement à la répression et en acceptant les demandes de dialogue des étudiantes et étudiants en grève de l'UQAM.

Alain Denault
André Querry
André Vincent
Anne-Marie Bélanger
Bénédicte Guillard
Benoit Lacoursière
Benoit Renaud
Bertrand Loiselle
Caroline Dawson
Catherine Giroux
Charles Benoit
Claude Rioux
Claudie Munger
Claudie Perreault
Corina Borri-Anado
Daniel de Blois
Émilie Laurin-Dansereau
Emmanuelle Proulx
Éric Martin
Ève-Marie Lampron
Félix Lapan
François Cyr
François Giguère
François Robert
Francois Tougas
Ginette Demers
Guillaume Vaillancourt
Janik Bastien
Jean-Marie Vézina
Jean-Philippe Gravel
Jean-Pierre Paquet
Jeff Begley
Jérôme B. Champagne
Josée Jacques
Josette Côté
Julie Leblanc
Louise Paquette
Louis-Serge Houle
Lyne Chénier
Marc-André Houle
Marie-Noël Arsenau
Martin Jalbert
Martine Poulin
Maryse Lauzon
Melissa Blais
Michel Milot
Michelle Émond
Nancy Breault
Nathalie Roy
Nicolas Dawson
Philippe Boudreau
Philippe De Grosbois
Pierre Beaudet
Pierre Tadros
Ricardo Penafiel
Robert Deschambault
Sonia Haddad
Stéphane Corriveau
Stéphane Lessard
Sylvie Martin
Violaine Levasseur

spectacle en pleine rue

MONTREAL, le 17 mars - À 12h30, des étudiant-es en grève de l'UQAM ont déroulé sur une des façades de l'Îlot voyageur une bannière rouge géante où était inscrit « Quand l'injustice devient loi, la résistance est un devoir » . Cette action se voulait une dénonciation de l’attitude fermée de l’administration et des mesures juridiques prises par celle-ci.

Après que le groupe d'étudiants eût installé l'imposante bannière, une centaine d'autres ont assisté à un concert de la formation Brasse Camarade au coin des rues Berri et Ontario. Le spectacle aura duré une trentaine de minutes, avant que les policiers ne procèdent à la dispersion de la foule.

« C’est inacceptable! Les libertés des membres des associations en grève sont attaquées directement par l’injonction. Ces mesures répressives sont dangereuses pour le mouvement étudiant au complet, voire tout mouvement de contestation. Nous avons le devoir de résister! » affirme Youri Couture, membre du collectif coordonateur de l'évènement.

Les étudiant-es veulent ainsi dénoncer l'injustice dont ils et elles sont victimes. La population étudiante est la première à être affectée par les compressions budgétaires découlant des erreurs administratives de l'UQAM et du sous-financement chronique des institutions post-secondaires. Le droit de protester est actuellement bafoué par la répression dont la population étudiante est victime. 14 000 étudiant-es sont actuellement en grève à l'UQÀM pour contester le second plan de redressement en préparation par l'administration de l'université. Ce dernier prévoit de nouvelles compressions budgétaires qui se solderont par une baisse des services et une hausse généralisée des frais aux étudiant-es. Les grévistes réclament un réinvestissement massif en éducation de la part du gouvernement afin de résorber la dette des universités ainsi que la participation large des étudiants-es au processus de consultation et de prise de décision sur le plan de redressement de l’UQÀM.

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Renseignements: Benoit Lépine

Galerie de photos de l'événement

Collectif de professeurs de l'UQAM:
Une injonction inacceptable

Depuis plusieurs semaines, des associations étudiantes de l'UQAM sont en grève et pratiquent diverses formes d'actions militantes pour exprimer leur inquiétude devant la crise financière que traverse l'université et les dérives qu'impliquerait la mise en œuvre d'un plan de redressement irréaliste. Dans un coup de force sans précédent, l'UQAM a obtenu, vendredi dernier, un jugement de la Cour supérieure du Québec qui ordonne «aux membres des associations [étudiantes] défenderesses, à leurs représentants, officiers et à toute autre personne agissant ou non sous leurs instructions, direction, contrôle et participant ou non à leurs activités de cesser immédiatement tout attroupement ou manifestation aux accès, sorties et à l'intérieur des pavillons et résidences [...] et dans un rayon de 100 mètres de ceux-ci».

Cette ordonnance est la version temporaire d'une injonction demandée par l'UQAM. L'injonction est assortie d'une peine constituée d'une amende de 50 000 $ avec ou sans emprisonnement jusqu'à un an pour qui la transgresserait. Elle fait suite à de très nombreuses interventions du Service de police de la Ville de Montréal, dont les agents ont régulièrement investi l'établissement d'enseignement depuis quelques semaines.

L'épisode de l'îlôt Voyageur, les dérives immobilières, la réalité d'un sous-financement général de l'institution et maintenant le dépôt d'un plan de redressement génèrent une profonde inquiétude au sein de la communauté uqamienne, minent son esprit collectif et provoquent même un sentiment de panique. Cela semble servir de justification pour réprimer le mouvement étudiant, associé par certains à de la violence et à de l'intimidation.

Pour d'autres, dont des signataires de cette lettre qui soulignent n'avoir été la cible d'aucune contrainte ou intimidation, les mobilisations étudiantes ressemblent dans l'ensemble à celles qu'a connues l'UQAM dans le passé, avec leurs débordements occasionnels. Ce qui est nouveau, toutefois, c'est le choix de l'institution d'y répondre par la répression. On ne réglera pas les problèmes auxquels fait face notre université en marquant les esprits d'un tel précédent. L'enjeu dépasse la simple crise que traverse actuellement l'UQAM, l'injonction préparée par la direction de l'UQAM et imposée par l'ordonnance remet en question la légitimité même de l'action politique étudiante et de la vie politique universitaire. Son ampleur porte atteinte aux droits de la liberté d'expression et de manifestation que nous chérissons.

Nous considérons que cette injonction constitue une réaction tout à fait excessive à l'égard des faits et gestes reprochés aux mouvements étudiants. Nous considérons qu'il s'agit d'un déni du droit et de la liberté pour le corps étudiant de se constituer en acteur politique, redevable devant ses instances décisionnelles légitimes, que ce soit les assemblées délibératives ou les processus référendaires. Nous considérons enfin que le choix d'avoir recours à une injonction constitue un élément perturbateur qui entrave l'exercice normal de l'enseignement. Or nous ne voulons pas être associés à une campagne d'intimidation, ni devoir forcer des piquets de grève.

Nous ne débattrons pas ici des revendications et de la pertinence de la grève actuelle. Mais nous croyons que l'option de la répression judiciaire est révélatrice d'un échec collectif. Nous déplorons que notre institution participe d'une dynamique sociale plus vaste de gouvernance par décrets et de criminalisation du militantisme et des mouvements sociaux.

L'UQAM est bien connue pour être un terreau très fertile pour le militantisme étudiant. Selon nous, il s'agit là non pas d'une faiblesse, mais d'une force pour notre institution et pour la société québécoise, même si cela implique parfois une certaine effervescence. Le mouvement étudiant est un acteur des plus importants pour la société québécoise. L'approche répressive privilégiée en ce moment par notre institution constitue un déni de l'autonomie décisionnelle légitime des instances que se sont données depuis plus de trente ans les étudiants universitaires et remet en question plus largement la légitimité des formes de représentation dont se dotent les corps constitutifs de l'université, qu'ils soient étudiants, enseignants, employés ou autres.

Ce coup de force lance un message sans équivoque de fermeture de leur espace d'action, d'expression et de manifestation. Plus largement, il porte atteinte à la liberté politique qui caractérise l'université depuis qu'elle existe dans le monde occidental. En cela, cette décision fait passer la démocratie au bilan des pertes de l'UQAM... alors même qu'aucun de ceux qui sont à l'origine des graves difficultés dans lesquelles se débattent notre université et ses étudiants n'a subi la moindre sanction: deux poids, deux mesures?

***

Ont signé ce texte les professeurs de l'UQAM suivants :
Normand Baillargeon (sciences de l'éducation),
Luc Bonenfant (études littéraires),
Francis Dupuis-Déri (science politique),
Jean-François Hamel (études littéraires),
David Mandel (science politique),
Jacques Pelletier (études littéraires et président du SPUQ de 2003 à 2006),
Éric Pineault (sociologie),
George Lebel (sciences juridiques),
Marc-André Gagnon, (sciences économiques),
Sid Ahmed Soussi (sociologie),
Ellen Jacobs, (histoire),
Marcelo Otero (sociologie),
René Lapierre (études littéraires),
Jean-Marie Fecteau (histoire).

 

Injonction à l 'UQAM : Message d'intérêt public

Suite à l'action étudiante ayant interrompu la Commission des études de l'UQAM qui cherchait à imposer un arrêt de la grève uqamienne, une injonction a été demandée de la part de l'administration. Cette injonction interdirait entre autres aux membres des associations étudiantes uqamiennes et à toute personne en ayant pris connaissance de manifester à moins de 100 mètres de l'UQÀM et à l'intérieur, d'en bloquer l'accès, d'intimider ou d'y « séquestrer » (sic) tout personnel. De plus, les exécutants et exécutantes ont l'obligation de prendre les mesures pour empêcher que toute forme de contestation de ce type ait lieu. Cette demande vise aussi à ce que toute personne qui contreviendrait à cette ordonnance de la Cour subisse une peine d'emprisonnement maximale d'un an et/ou 50 000 $ d'amende maximale.

Il est important de comprendre que l'injonction n'a pas encore été ordonnée par le juge qui se prononcera lundi à ce sujet. Cependant, de façon provisoire, ces mesures s'appliquent jusqu'à lundi. Il est donc déconseillé de contester ouvertement la présente injonction tant que celle-ci n'aura pas été précisée.

Tous les appuis, soutiens et manifestations de solidarité sont appréciés de la part des organisations, pour autant qu'elles respectent ce qui précède.


Solidairement,

Association facultaire étudiante des sciences humaines (AFESH-UQÀM)
Association facultaire étudiante des lettres, langues et communications (AFELLC-UQÀM)
Association facultaire étudiante des arts (AFEA-UQÀM)
Association étudiante du module science politique (AEMSP-UQÀM)

IMPORTANT: Ordonnance de la cour supérieure

ordonnance de sauvegarde (injonction ) rendue le 14 mars 2008 par la Cour supérieure du Québec concernant les membres de l'AFESH-UQAM, de l'AFEA-UQAM, de l'AFELLC-UQAM et de l'AEMSP-UQAM

Nous publions sur ce site l'ordonnance depuis le 14 mars 2008 13h45 conformément à nos obligations.

Veuillez noter que l'ordonnance de sauvegarde a été remplacée par une injonction dont le texte sera bientôt disponible sur ce site. La cour a notamment enlevé l'interdiction de manifester à 100 mètres de l'UQAM.

Revendications

Revendications de l'AFESH:

1- Abolition rétroactive des mesures du plan de redressement à l’UQAM. Réinvestissement massif en éducation pour une amélioration des ressources et des services (investissement dans les laboratoires et les bibliothèques, embauche de profs, d’employé-e-s professionnel-le-s et de soutien) dans une perspective d’éducation de qualité, libre de l’intervention du privé ;

2- Vers la gratuité scolaire : contre toute augmentation des frais de scolarité et abolition de tous les autres frais (afférents, technologiques, etc.) ;

3- Mise en place d’un service de garde public, accessible et flexible dans tous les milieux d’étude postsecondaires, dans le but d’assurer une conciliation études-famille.

Revendications de l'AEMSP:

1. Abolition rétroactive des mesures du plan de redressement à l'UQAM et réinvestissement massif en éducation pour une amélioration des ressources et des services dans une perspective d'éducation de qualité, libre de l'intervention du privé.

2. Exige la participation large des étudiantEs au processus de consultation et de prise de décision sur le plan de redressement de l’UQAM .

3. Abolition de la politique « déficit 0 » dans la formule de financement des institutions postsecondaires. Cette politique traite les institutions publiques d'enseignement comme des corporations privées en leur imposant un devoir de rentabilité. L'AEMSP dénonce cette privatisation de la sphère publique et la marchandisation du savoir.

4. Abolition rétroactive du dégel des frais de scolarité dans une perspective de gratuité scolaire.

le plan de redressement et son évaluation par PriceWaterhouseCoopers

Voici le lien vers les documents sur la situation financière de l’UQAM déposés au CA de l’UQAM. Bonne lecture. Vous y découvrirez que, malgré son plan de redressement qui prévoit notamment un gel de l'embauche des professeures et la hausse des frais afférants, la plus grande université francophone du Québec sera toujours déficitaire de quelques dizaine de millions de dollars par années. Aussi bien dire que l'UQAM se fera saigner à blanc si on ne réagit pas à temps.

Quelques études sur le financement de l'éducation au Québec:

J'appuie l'UQAM

les Amazones perturbent le CA de l'UQAM

8 femmes nues devant le C.A. de l'UQAM !

MONTREAL, le 4 mars - Un groupe de féministes étudiantes se sont mises à nu devant le C.A. de l'UQAM afin de dénoncer le manque de transparence de l'administration, l'absence de négociation avec la partie étudiante et l'inégalité des rapports de sexes en politique.

L'événement est advenu aujourd'hui vers 17h00 à l'Hôtel Hilton alors que les membres du C.A. étaient rassemblé-e-s afin de recevoir le document. 8 manifestantes se sont mises à nu pour porter un message politique et féministe.

L'objectif précis de cette action était de prendre connaissance des documents remis en séance, dont les effets seront déterminants pour l'avenir de leur institution universitaire et de démontrer leur mécontentement.

« Au fond, le plan de redressement de l'UQAM, c'est la confirmation claire que la société québécoise s'engage dans une logique de marchandisation et de privatisation des services publics essentiels. Moi, je résiste. Mon corps, c'est tout ce qui me reste », a expliqué une des participantes.

En écrivant à l'encre noire sur leur peau, les femmes impliquées dans cette action symbolique ont utilisé leur chair comme portail politique. Ainsi, elles refusent catégoriquement l'érotisation stéréotypée du corps féminin.

« Notre parole est notre message. Nos corps ne sont que des instruments », pouvait-on lire sur le feuillet distribué par les fugitives avant leur départ.

Rappelons que la communauté étudiante manifeste son désaccord et son désir de participer aux négociations depuis janvier 2007, lors du fameux blocage du C.A. et que les associations étudiantes de sciences humaines, de sciences politiques et d'animation et recherche culturelles sont toujours en grève générale illimitée.

Renseignements: plan.amazones[arobas]gmail.com

Écoutez l'entrevue à l'émission de Christiane Charette de Radio-Canada

Répression politique à l’UQAM

Répression politique à l’UQAM

Montréal, 3 mars – Dans un geste sans précédent dans l’histoire de l’université, la direction de l’UQAM a annoncé dimanche qu’elle a décidé de suspendre pendant 20 jours deux militants étudiants et une militante étudiante. L’UQAM avait réuni le vendredi 29 février son « Comité d’intervention » et avait convoqué cinq étudiants et étudiantes, dont trois membres du conseil exécutif de l’Association facultaire étudiante des sciences humaines de l’UQAM (AFESH-UQAM).Deux d’entre eux sont des exécutants de l’Association facultaire étudiante des Sciences Humaines de l’UQAM (AFESH-UQAM) et ne pourront accéder à leurs bureaux.

L’AFESH dénonce ces actions de l’Administration de l’UQAM. « C’est de la répression politique pure ! » s’insurge Étienne Guérette, secrétaire aux affaires uqamiennes de l’AFESH-UQAM, lui-même visé par ces sanctions. « Au lieu de dialoguer avec les grévistes, l’administration tente de faire peur aux étudiants et aux étudiantes en punissant la dissidence et en s’en prenant aux représentants étudiants ». En tout trois étudiants et étudiante ont été suspendu-e-s, les deux autres s’en sortant avec un avertissement ou sans sanction.

En grève depuis maintenant trois semaines, l’AFESH-UQAM tente depuis le début de son débrayage d’établir des négociations avec l’administration sur la question du plan de redressement, ce que cette dernière a refusé jusqu’à maintenant malgré des demandes répétées. « Je ne peux pas croire que l’administration de l’UQAM suspende et menace d’expulsion des étudiants et des étudiantes parce qu’ils ont osé se battre non seulement pour leurs convictions, mais aussi pour la préservation de la mission éducative de l’UQAM. La direction de l’UQAM devrait avoir honte », se désole Alex Bourdon-Charest, Secrétaire à la coordination de l’AFESH-UQAM.

Rappelons qu’aujourd’hui, l’AFESH-UQAM tient une assemblée générale pour décider si elle poursuit sa grève contre le plan de redressement de l’UQAM et la hausse des frais de scolarité.

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Renseignements :

Étienne Guérette, Secrétaire aux affaires uqamiennes de l’AFESH : 514- 435-9372

Alex Bourdon-Charest, Secrétaire à la coordination de l’AFESH : 514-987-3000 poste 2633

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La galerie de photos

Les archives de la grève d'automne 2007 sont disponibles ici.
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